Mosquée Sahib el Tabaa

L’Histoire : Un mamlouk riche et généreux
Le fondateur de cette mosquée, du nom de Youssef Sahib el Tabaa, était un mamlouk d’origine moldave, acheté à Istanbul pour le compte de Baccar el Jellouli, caïd de Sfax et offert par ce dernier au bey Hammouda Pacha à l’occasion de son avènement au trône. Elevé à la cour, on le dit intelligent, juste et généreux. Il gagne l’estime du souverain qui le nomme garde des sceaux ou sahib el tabaa.
La mosquée dont il finance la construction fait partie d’un vaste programme comprenant deux medersa et un tourbet, attenants au lieu de culte ; un hammam, où a été tourné le film « Halfaouine, l’enfant des terrasses », un foundouk, un souk et, donnant sur la place, son propre palais. L’opération vise la promotion du faubourg nord, quartier choisi pour sa proximité du Bardo, siège de la cour où Sahib el Tabaa devait se rendre quotidiennement pour assister le Bey dans la gestion des affaires de l’Etat. Par la suite, d’autres mamlouks choisiront ce quartier pour construire leur palais tels Khaznadar, ou Caïd el Sebsi.
L’influence italienne constatée dans les monuments tunisois du XVIIIème siècle est ici plus nette. Le fait s’explique par l’emploi d’une main d’œuvre en grande partie formée d’esclaves d’origine italienne, tombés entre les mains des corsaires tunisiens, lors de l’attaque de l’île sarde de Saint Pierre, le 2 septembre 1798. Les archives ont conservé une liste de 27 esclaves italiens que Hammouda Pacha a mis à la disposition de son ministre pour les besoins du chantier de la mosquée de Halfaouine. Le marbre quant à lui a été taillé spécialement et transporté de Livourne à Tunis sur l’un des navires de Sahib el Tabaa, navire dont il fit don au capitaine Hassouna el Mourali pour le remercier de ses services à la fin des travaux.
L’amine maçon Sassi Ben Frija supervise la construction de la mosquée dont le plan s’inspire de celui de la mosquée Hammouda Pacha le mouradite. Nous retrouvons les trois galeries précédées de cours, encadrant la salle de prière. La cour Est, pourvue d’une double galerie et d’un mihrab, est utilisée en été comme lieu de prière.
Le minaret octogonal inachevé suite à l’assassinat du fondateur en 1815 le restera jusqu’en 1968 à cause d’une superstition qui prédisait la même mort tragique à quiconque oserait finir la tour.
La salle de prière est couverte de voûtes en berceau dont la sculpture sur plâtre constitue la seule référence à l’art local. Ailleurs se conjuguent les marbres les plus précieux : le blanc éclatant des colonnes cannelées, la marqueterie de marbre rose, rouge et brun du mihrab et du minbar

La petite histoire : Carrière et fin d’un mamlouk
Un mamlouk est un jeune esclave chrétien, converti à l’islam, qui bénéficie d’une éducation solide le préparant à des postes de responsabilité.
Un mamlouk a son équivalent féminin, il s’agit de l’odalisque qu’on cantonne dans le rôle de favorite procurant le plaisir et assurant la qualité et la beauté de la progéniture. Rares sont celles qui ont joué un rôle politique (voir La dernière odalisque de Faïcal Bey)
Notons que les mamlouks, coupés de leur origine, ont perdu toute filiation. On leur attribue un prénom musulman et pour patronyme leur titre qu’ils transmettent à leur descendance en tant que nom. C’est ainsi que nous avons aujourd’hui la famille Khaznadar (trésorier), Caïd el Sebsi (préposé à la pipe du bey), Khojet el Khlil (responsable des écuries), Bach Baouab (chef portier) et la liste est longue.
Youssef Sahib el Tabaa a aussi une fortune considérable car, à côté de ses fonctions à la cour, il fait des affaires dans le commerce, « il se montre dans toutes les spéculations concurrent dangereux, dit de lui un voyageur anglais, et peu de particuliers osent lutter contre lui sur la place de Tunis mais encore sur les marchés de France et d’Italie ». D’autre part, il est armateur de bateaux de course, activité alors licite et lucrative.
Au faîte de sa gloire, jouissant d’une grande influence même après la mort de son protecteur, le bey Hammouda Pacha, il n’a pas manqué de susciter la jalousie et la haine des courtisans du Bardo. On l’accuse de fomenter des intrigues contre la personne du prince et la sûreté de l’Etat. Le bey décide de le faire comparaitre devant lui pour l’interroger en présence de ses accusateurs.
Craignant cette confrontation, les conjurés décident de l’empêcher en assassinant à coups de poignard Youssef Sahib el Tabaa, dans le couloir qui devait le conduire à la salle d’audience, prétextant qu’il venait de déclarer la révolte contre le bey.
Son corps est livré à la populace, excitée par l’or distribué par ses ennemis et le bruit, sans fondement bien évidemment, de sa trahison et de sa collaboration avec les chrétiens. Son corps mutilé est trainé dans les rues de Tunis et jeté finalement dans le cimetière chrétien. Il a fallu l’intercession du Saint Sidi Brahim Riahi auprès du bey pour que la famille du ministre puisse inhumer ses restes dans le tourbet construit par lui dans la mosquée Halfaouine.

Mosquée Sahib el Tabaa

L’Histoire : Un mamlouk riche et généreux
Le fondateur de cette mosquée, du nom de Youssef Sahib el Tabaa, était un mamlouk d’origine moldave, acheté à Istanbul pour le compte de Baccar el Jellouli, caïd de Sfax et offert par ce dernier au bey Hammouda Pacha à l’occasion de son avènement au trône. Elevé à la cour, on le dit intelligent, juste et généreux. Il gagne l’estime du souverain qui le nomme garde des sceaux ou sahib el tabaa.
La mosquée dont il finance la construction fait partie d’un vaste programme comprenant deux medersa et un tourbet, attenants au lieu de culte ; un hammam, où a été tourné le film « Halfaouine, l’enfant des terrasses », un foundouk, un souk et, donnant sur la place, son propre palais. L’opération vise la promotion du faubourg nord, quartier choisi pour sa proximité du Bardo, siège de la cour où Sahib el Tabaa devait se rendre quotidiennement pour assister le Bey dans la gestion des affaires de l’Etat. Par la suite, d’autres mamlouks choisiront ce quartier pour construire leur palais tels Khaznadar, ou Caïd el Sebsi.

L’influence italienne constatée dans les monuments tunisois du XVIIIème siècle est ici plus nette. Le fait s’explique par l’emploi d’une main d’œuvre en grande partie formée d’esclaves d’origine italienne, tombés entre les mains des corsaires tunisiens, lors de l’attaque de l’île sarde de Saint Pierre, le 2 septembre 1798. Les archives ont conservé une liste de 27 esclaves italiens que Hammouda Pacha a mis à la disposition de son ministre pour les besoins du chantier de la mosquée de Halfaouine. Le marbre quant à lui a été taillé spécialement et transporté de Livourne à Tunis sur l’un des navires de Sahib el Tabaa, navire dont il fit don au capitaine Hassouna el Mourali pour le remercier de ses services à la fin des travaux.

L’amine maçon Sassi Ben Frija supervise la construction de la mosquée dont le plan s’inspire de celui de la mosquée Hammouda Pacha le mouradite. Nous retrouvons les trois galeries précédées de cours, encadrant la salle de prière. La cour Est, pourvue d’une double galerie et d’un mihrab, est utilisée en été comme lieu de prière.

Le minaret octogonal inachevé suite à l’assassinat du fondateur en 1815 le restera jusqu’en 1968 à cause d’une superstition qui prédisait la même mort tragique à quiconque oserait finir la tour.
La salle de prière est couverte de voûtes en berceau dont la sculpture sur plâtre constitue la seule référence à l’art local. Ailleurs se conjuguent les marbres les plus précieux : le blanc éclatant des colonnes cannelées, la marqueterie de marbre rose, rouge et brun du mihrab et du minbar

La petite histoire : Carrière et fin d’un mamlouk
Un mamlouk est un jeune esclave chrétien, converti à l’islam, qui bénéficie d’une éducation solide le préparant à des postes de responsabilité.
Un mamlouk a son équivalent féminin, il s’agit de l’odalisque qu’on cantonne dans le rôle de favorite procurant le plaisir et assurant la qualité et la beauté de la progéniture. Rares sont celles qui ont joué un rôle politique (voir La dernière odalisque de Faïcal Bey).

Notons que les mamlouks, coupés de leur origine, ont perdu toute filiation. On leur attribue un prénom musulman et pour patronyme leur titre qu’ils transmettent à leur descendance en tant que nom. C’est ainsi que nous avons aujourd’hui la famille Khaznadar (trésorier), Caïd el Sebsi (préposé à la pipe du bey), Khojet el Khlil (responsable des écuries), Bach Baouab (chef portier) et la liste est longue.

Youssef Sahib el Tabaa a aussi une fortune considérable car, à côté de ses fonctions à la cour, il fait des affaires dans le commerce, « il se montre dans toutes les spéculations concurrent dangereux, dit de lui un voyageur anglais, et peu de particuliers osent lutter contre lui sur la place de Tunis mais encore sur les marchés de France et d’Italie ». D’autre part, il est armateur de bateaux de course, activité alors licite et lucrative.

Au faîte de sa gloire, jouissant d’une grande influence même après la mort de son protecteur, le bey Hammouda Pacha, il n’a pas manqué de susciter la jalousie et la haine des courtisans du Bardo. On l’accuse de fomenter des intrigues contre la personne du prince et la sûreté de l’Etat. Le bey décide de le faire comparaitre devant lui pour l’interroger en présence de ses accusateurs.
Craignant cette confrontation, les conjurés décident de l’empêcher en assassinant à coups de poignard Youssef Sahib el Tabaa, dans le couloir qui devait le conduire à la salle d’audience, prétextant qu’il venait de déclarer la révolte contre le bey.
Son corps est livré à la populace, excitée par l’or distribué par ses ennemis et le bruit, sans fondement bien évidemment, de sa trahison et de sa collaboration avec les chrétiens. Son corps mutilé est trainé dans les rues de Tunis et jeté finalement dans le cimetière chrétien. Il a fallu l’intercession du Saint Sidi Brahim Riahi auprès du bey pour que la famille du ministre puisse inhumer ses restes dans le tourbet construit par lui dans la mosquée Halfaouine.

Place Halfaouine 

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