Zaouia Sidi Mehrez

L’Histoire : Soltan el Medina
Une zaouia qui ne désemplit pas car elle abrite le tombeau de Sidi Mehrez, saint patron de Tunis, décrété Soltan el Medina par ses habitants.
Mehrez Ibn Khalef est né dans la banlieue de l’Ariana où il commence une paisible carrière de meddeb (précepteur). Puis il se déplace à Tunis, y acquiert une maison près de Bab Souika où il sera inhumé en 1022. La croyance populaire et les largesses des souverains vont muer les lieux en une fastueuse zaouia.
Poète, pieux et vertueux, Sidi Mehrez s’est surtout distingué par son engagement dans la lutte contre le rite chiite, introduit par les fatimides et imposé comme religion officielle dans un pays de tradition sunnite malékite.
Il est aussi connu pour son rôle économique. C’est lui qui, après le saccage de Tunis par le kharijite Abou Yazid, en septembre 945, incite la population à reconstruire l’enceinte endommagée et à réorganiser le commerce.
La tradition unanime lui attribue la fondation du quartier juif de la Hara, situé à quelques distances de sa zaouia, sans doute pour retenir cette population active, au bénéfice de l’économie de la ville. Jusque là, les juifs ont accès à la cité le jour et doivent la quitter le soir pour un quartier du côté de Mellassine où ils résident.
Pour sauver Tunis, Sidi Mehrez use aussi de ses pouvoirs ‘surnaturels’. Ne lui attribue-t-on pas la mort à distance de l’Emir ziride Ibn Badis ?
Une nuée de tentes déployées près de Sijoumi fait trembler les tunisois. Leur saint les rassure et, du haut de la colline de la Kasbah, prie Dieu pour que périsse Badis et que soit protégée Tunis. Le lendemain, on retrouve l’Emir transpercé de sa propre épée, sous sa tente de soie. De crainte, son successeur el Moez promulgue un dhahir (édit) ordonnant que « les autorités veillent à ce qu’on ne touche pas à la personne de Sidi Mehrez ni à ses biens et ni à la personne ni aux biens de ses partisans ».
Sa renommée, établie pour « l’éternité », dépasse le cadre de l’Ifriqia. Dans son guide des lieux de pèlerinage, le géographe El Hawari, mort à Alep en 1215, signale « le sanctuaire de Sidi Mehrez qu’invoquent les marins lorsque la mer devient mauvaise et auquel ils font des vœux ».
Tunisois et non-tunisois continuent de visiter la zaouia de Sidi Mehrez pour adresser des supplications, faire des vœux et des offrandes. Notons que les juifs, lorsqu’ils étaient nombreux à la Hara vouaient le même culte au Soltan el Medina.
La zaouia était considérée comme un refuge offrant l’immunité absolue, même au plus dangereux des malfaiteurs. Ce n’est qu’en 1888, après l’organisation de la justice, qu’on a mis fin à cette tradition en évacuant de force un criminel pour le présenter à la justice.
La cour, remaniée dans les années 80, précède une salle couverte d’une coupole sur trompes. C’est là où se trouve le puits qu’on dit « béni ». La ziara (visite) n’est pas complète si on ne boit pas de son eau. Il est de tradition d’y emmener le garçonnet le jour de sa circoncision et la jeune fille la veille de ses noces pour boire et se laver le visage et les mains. Cette eau fraîche procure la sérénité pour affronter en paix le rite de passage.
Salle et chambre funéraire datent de la fin du XIXème siècle, sous Sadok Bey. Plus imposante par sa coupole ovoïde, la deuxième se distingue par le plâtre sculpté où l’arabesque se mèle au thème du vase à bouquet.
Le catafalque en bois ajouré à deux registres est protégé par un grillage en fer ouvragé, doublé d’une balustrade en bois

La petite histoire : Poème de Sidi Mehrez sur les ruines de Carthage
J’ai vu ces murs comme un mirage
Cette fierté dans la misère
Qu’une larme soit un hommage !

Pourquoi ce vide après la joie ?
Ce dénuement après la gloire ?
Ce néant qui fut une ville ?

Qui répondra ? Rien que le vent
Qui remplace le chant des prêtres
Et disperse les âmes jadis rassemblées

Zaouia Sidi Mehrez

L’Histoire : Soltan el Medina
Une zaouia qui ne désemplit pas car elle abrite le tombeau de Sidi Mehrez, saint patron de Tunis, décrété Soltan el Medina par ses habitants.

Mehrez Ibn Khalef est né dans la banlieue de l’Ariana où il commence une paisible carrière de meddeb (précepteur). Puis il se déplace à Tunis, y acquiert une maison près de Bab Souika où il sera inhumé en 1022. La croyance populaire et les largesses des souverains vont muer les lieux en une fastueuse zaouia.

Poète, pieux et vertueux, Sidi Mehrez s’est surtout distingué par son engagement dans la lutte contre le rite chiite, introduit par les fatimides et imposé comme religion officielle dans un pays de tradition sunnite malékite.
Il est aussi connu pour son rôle économique. C’est lui qui, après le saccage de Tunis par le kharijite Abou Yazid, en septembre 945, incite la population à reconstruire l’enceinte endommagée et à réorganiser le commerce.
La tradition unanime lui attribue la fondation du quartier juif de la Hara, situé à quelques distances de sa zaouia, sans doute pour retenir cette population active, au bénéfice de l’économie de la ville. Jusque là, les juifs ont accès à la cité le jour et doivent la quitter le soir pour un quartier du côté de Mellassine où ils résident.

Pour sauver Tunis, Sidi Mehrez use aussi de ses pouvoirs ‘surnaturels’. Ne lui attribue-t-on pas la mort à distance de l’Emir ziride Ibn Badis ?
Une nuée de tentes déployées près de Sijoumi fait trembler les tunisois. Leur saint les rassure et, du haut de la colline de la Kasbah, prie Dieu pour que périsse Badis et que soit protégée Tunis. Le lendemain, on retrouve l’Emir transpercé de sa propre épée, sous sa tente de soie. De crainte, son successeur el Moez promulgue un dhahir (édit) ordonnant que « les autorités veillent à ce qu’on ne touche pas à la personne de Sidi Mehrez ni à ses biens et ni à la personne ni aux biens de ses partisans ».
Sa renommée, établie pour « l’éternité », dépasse le cadre de l’Ifriqia. Dans son guide des lieux de pèlerinage, le géographe El Hawari, mort à Alep en 1215, signale « le sanctuaire de Sidi Mehrez qu’invoquent les marins lorsque la mer devient mauvaise et auquel ils font des vœux ».

Tunisois et non-tunisois continuent de visiter la zaouia de Sidi Mehrez pour adresser des supplications, faire des vœux et des offrandes. Notons que les juifs, lorsqu’ils étaient nombreux à la Hara vouaient le même culte au Soltan el Medina.

La zaouia était considérée comme un refuge offrant l’immunité absolue, même au plus dangereux des malfaiteurs. Ce n’est qu’en 1888, après l’organisation de la justice, qu’on a mis fin à cette tradition en évacuant de force un criminel pour le présenter à la justice.

La cour, remaniée dans les années 80, précède une salle couverte d’une coupole sur trompes. C’est là où se trouve le puits qu’on dit « béni ». La ziara (visite) n’est pas complète si on ne boit pas de son eau. Il est de tradition d’y emmener le garçonnet le jour de sa circoncision et la jeune fille la veille de ses noces pour boire et se laver le visage et les mains. Cette eau fraîche procure la sérénité pour affronter en paix le rite de passage.

Salle et chambre funéraire datent de la fin du XIXème siècle, sous Sadok Bey. Plus imposante par sa coupole ovoïde, la deuxième se distingue par le plâtre sculpté où l’arabesque se mèle au thème du vase à bouquet.
Le catafalque en bois ajouré à deux registres est protégé par un grillage en fer ouvragé, doublé d’une balustrade en bois

La petite histoire : Poème de Sidi Mehrez sur les ruines de Carthage
J’ai vu ces murs comme un mirage
Cette fierté dans la misère
Qu’une larme soit un hommage !

Pourquoi ce vide après la joie ?
Ce dénuement après la gloire ?
Ce néant qui fut une ville ?

Qui répondra ? Rien que le vent
Qui remplace le chant des prêtres
Et disperse les âmes jadis rassemblées.

87, rue Sidi Mehrez
 

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