Dar el Haddad - Direction des Musées de l’INP

L’Histoire : L’un des plus anciens palais de la Médina
Edifié au sud-ouest des souks, dans l’ancien quartier des Beni Khorassan, le Dar Haddad est sans doute l’un des plus anciens palais de la Médina qui nous soit parvenu. Sa construction remonterait au XVIème siècle.

Au XVIIIème siècle, il appartenait à Saïd el Haddad el Andaloussi, descendant d’une grande famille andalouse, immigrée au XVIème siècle et qui s’est enrichie par la fabrication et la commercialisation de la chéchia. Peut-être comptait-elle aussi quelques cheikh el andalous (chefs de la communauté) puisqu’on sait que le dernier à avoir assumé cette charge, avant son abolition en 1886, était Hassouna el Haddad.
Suite à la crise économique, la famille des Haddad périclita ; il s’en suivit l’abandon du palais et sa location à plusieurs familles. C’était donc une oukala très dégradée lorsqu’en 1966 l’Etat décide d’acquérir le palais et de le classer monument historique eu égard de son ancienneté et de son intérêt architectural. Restauré par les soins des services des Monuments Historiques, il abrite aujourd’hui la Direction des Musées, département de l’Institut National du Patrimoine.

Précédant l’entrée, de par et d’autre de l’impasse, se répartissent les annexes du palais : écuries, makhzen et tourbet.
Deux skifa avec banquettes latérales conduisent à la cour. La richesse des plafonds en bois peint qui apparait dès l’entrée et se retrouve dans les galeries et les chambres mérite une attention particulière. Il est à noter également, l’usage exclusif du kadhal, le marbre blanc n’était pas encore de vigueur.

Malgré la sobriété des matériaux, la cour du Dar el Haddad affiche une monumentalité que lui procure la hauteur de ses façades intérieures (10,50 mètres) rapportée aux proportions de la cour elle-même. Elle rappelle par cet aspect les cours des maisons marocaines, dérivées de celles d’Andalousie.
La cour s’encadre de trois portiques et d’un mur à niches. Les arcs brisés, fortement outrepassés, retombent sur les chapiteaux par l’intermédiaire d’une imposte en parallélépipède, renforçant ainsi la verticalité.
A l’étage la galerie court sur les quatre côtés. Les colonnes, reposant sur des bases à pans coupés et groupées par trois aux angles, sont reliées par une balustrade en bois tourné.
Au niveau du toit, un linteau surmonté d’une rangée de corbelets en bois, est couronné de tuiles vertes.

La petite histoire : Du dar à l’oukala
Le départ massif des familles de le Médina s’est accéléré suite au départ des communautés européennes, au lendemain de l’Indépendance. Il est surtout le fait des jeunes couples qui veulent échapper à la cohabitation dans le cadre de la famille patriarcale. Dans la maison ancestrale ne restent que les vieux qui, en général, refusent de partir. Mais après le décès de ceux-ci, les maisons est louée à la pièce à des familles venues du monde rural à la recherche de travail dans la capitale.

Le dar devient oukala. Le mot désigne traditionnellement un lieu d’hébergement collectif, temporaire et réservé aux célibataires.
Dans cette forme d’occupation de la demeure patriarcale, il s’agit d’un habitat permanent et familial. Les sociologues et les architectes se penchent sur le phénomène pour le quantifier et l’analyser. On découvre alors que le nombre de familles partageant la même demeure peut atteindre la dizaine et plus, étant donnée la taille des demeures.
On constate également l’inadéquation de la demeure familiale à l’occupation par plusieurs familles non apparentées car celle-ci dissocie les chambres des services, utilisées en commun dans la logique de la communauté des biens.

Dans le cas de l’oukala, la chambre concentre toutes les fonctions ; on y installe la cuisine, un point d’eau…la cour elle-même se trouve compartimentée pour permettre à chaque famille de s’approprier un petit coin à ciel ouvert, si indispensable à l’organisation de la vie domestique dans notre culture.
Ces entorses, justifiées sur le plan social, ont porté atteinte au patrimoine bâti.

Dès les années 80, les autorités ont décidé l’éradication de ce phénomène. Les occupants des oukala ont été relogés, à titre de propriétaires, dans des logements populaires en zones périurbaines.
Les monuments présentant un intérêt architectural comme le Dar el Haddad ont été restaurés et voués à une fonction qui sied à leur valeur patrimoniale !

Dar el Haddad - Direction des Musées de l’INP

L’Histoire : L’un des plus anciens palais de la Médina
Edifié au sud-ouest des souks, dans l’ancien quartier des Beni Khorassan, le Dar Haddad est sans doute l’un des plus anciens palais de la Médina qui nous soit parvenu. Sa construction remonterait au XVIème siècle.

Au XVIIIème siècle, il appartenait à Saïd el Haddad el Andaloussi, descendant d’une grande famille andalouse, immigrée au XVIème siècle et qui s’est enrichie par la fabrication et la commercialisation de la chéchia. Peut-être comptait-elle aussi quelques cheikh el andalous (chefs de la communauté) puisqu’on sait que le dernier à avoir assumé cette charge, avant son abolition en 1886, était Hassouna el Haddad.
Suite à la crise économique, la famille des Haddad périclita ; il s’en suivit l’abandon du palais et sa location à plusieurs familles. C’était donc une oukala très dégradée lorsqu’en 1966 l’Etat décide d’acquérir le palais et de le classer monument historique eu égard de son ancienneté et de son intérêt architectural. Restauré par les soins des services des Monuments Historiques, il abrite aujourd’hui la Direction des Musées, département de l’Institut National du Patrimoine.

Précédant l’entrée, de par et d’autre de l’impasse, se répartissent les annexes du palais : écuries, makhzen et tourbet.
Deux skifa avec banquettes latérales conduisent à la cour. La richesse des plafonds en bois peint qui apparait dès l’entrée et se retrouve dans les galeries et les chambres mérite une attention particulière. Il est à noter également, l’usage exclusif du kadhal, le marbre blanc n’était pas encore de vigueur.

Malgré la sobriété des matériaux, la cour du Dar el Haddad affiche une monumentalité que lui procure la hauteur de ses façades intérieures (10,50 mètres) rapportée aux proportions de la cour elle-même. Elle rappelle par cet aspect les cours des maisons marocaines, dérivées de celles d’Andalousie.
La cour s’encadre de trois portiques et d’un mur à niches. Les arcs brisés, fortement outrepassés, retombent sur les chapiteaux par l’intermédiaire d’une imposte en parallélépipède, renforçant ainsi la verticalité.
A l’étage la galerie court sur les quatre côtés. Les colonnes, reposant sur des bases à pans coupés et groupées par trois aux angles, sont reliées par une balustrade en bois tourné.
Au niveau du toit, un linteau surmonté d’une rangée de corbelets en bois, est couronné de tuiles vertes.

La petite histoire : Du dar à l’oukala
Le départ massif des familles de le Médina s’est accéléré suite au départ des communautés européennes, au lendemain de l’Indépendance. Il est surtout le fait des jeunes couples qui veulent échapper à la cohabitation dans le cadre de la famille patriarcale. Dans la maison ancestrale ne restent que les vieux qui, en général, refusent de partir. Mais après le décès de ceux-ci, les maisons est louée à la pièce à des familles venues du monde rural à la recherche de travail dans la capitale.

Le dar devient oukala. Le mot désigne traditionnellement un lieu d’hébergement collectif, temporaire et réservé aux célibataires.
Dans cette forme d’occupation de la demeure patriarcale, il s’agit d’un habitat permanent et familial. Les sociologues et les architectes se penchent sur le phénomène pour le quantifier et l’analyser. On découvre alors que le nombre de familles partageant la même demeure peut atteindre la dizaine et plus, étant donnée la taille des demeures.
On constate également l’inadéquation de la demeure familiale à l’occupation par plusieurs familles non apparentées car celle-ci dissocie les chambres des services, utilisées en commun dans la logique de la communauté des biens.

Dans le cas de l’oukala, la chambre concentre toutes les fonctions ; on y installe la cuisine, un point d’eau…la cour elle-même se trouve compartimentée pour permettre à chaque famille de s’approprier un petit coin à ciel ouvert, si indispensable à l’organisation de la vie domestique dans notre culture.
Ces entorses, justifiées sur le plan social, ont porté atteinte au patrimoine bâti.

Dès les années 80, les autorités ont décidé l’éradication de ce phénomène. Les occupants des oukala ont été relogés, à titre de propriétaires, dans des logements populaires en zones périurbaines.
Les monuments présentant un intérêt architectural comme le Dar el Haddad ont été restaurés et voués à une fonction qui sied à leur valeur patrimoniale !

9, impasse de l’Artillerie 

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